Anniversaire des 20 ans de SOPE

Les femmes de Lyon rendent hommage à leurs aînées de Nder, Par Bacary Goudiaby (Source : Xalima.com – Mardi 2 juin 2009

Le collectif des Sénégalais de la Région Rhône-Alpes vient de souffler ses vingt bougies. C’était l’occasion pour les différentes communautés sénégalaises de se retrouver pour communier et revivre vingt ans de militantisme.

Le Collectif Sopé (Solidarité Pour Exister) est né en1989 à Lyon. Il est composé de près de vingt associations de femmes, de travailleurs, d’étudiants, d’associations sportives, d’associations culturelles… d’origines, de compétences et d’intérêts multiples. Il a pour objectif de regrouper les sénégalais et amis du Sénégal vivant à Lyon et son agglomération, les mobiliser autour de projets dans les domaines de la protection sociale, de l’éducation, de la promotion de la santé, du sport, de la culture, de l’humanitaire, du développement solidaire…

Sopé se voulait tout d’abord un espace de rencontre, d’échange et de partage, mais au fur et à mesure de son élaboration, le projet s’est orienté de plus en plus vers la constitution d’un espace ressource.

A l’heure de souffler sur les vingt bougies, les pensées se sont envolées, unies dans une communion suscitée par la lecture d’un texte leur rendant un hommage, vers les anciens qui ont initié ce projet, qui l’ont vu grandir et qui continuent à l’accompagner dans le cadre du Comité des sages. Bien entendu, les disparus ont été associés à cet hommage.

De l’avis de tous les acteurs du collectif, le bilan est globalement positif. A travers son action au cours des vingt ans qui viennent de s’écouler, le Collectif Sopé s’est attaché à l’amélioration des conditions d’insertion et de vie des sénégalaises et des sénégalais dans la vie locale de l’agglomération lyonnaise. Ainsi les actions envers les femmes et les enfants ont monopolisé l’essentiel de son action. Une de ses autres préoccupations a été l’accession à une citoyenneté responsable en particulier pour les jeunes et les adolescents. En ce sens, il s’adresse à l’ensemble de la communauté nationale. Le collectif a toujours développé l’échange intercommunautaire et intergénérationnel et a permis aux hommes, aux femmes, aux jeunes, aux adultes de se comprendre. « Les jambes de vingt ans sont faites pour aller au bout du monde ». Ecrivait Abdou Sonko, le président du collectif Sopé. Mais un adage bien de chez nous, nous rappelle qu’il est important de se retourner vers d’où l’on vient pour mieux avancer. C’est que les femmes du collectif ont mis en œuvre en revisitant la fresque historique du « mardi de Nder ». Après près d’un mois de répétitions encadrées par les professionnels de l’Atelier de Théâtre Sénégalais, elles ont réussi la prouesse de faire revivre le public, ému, cette page de l’histoire du Sénégal. L’histoire des femmes de Nder qui, un mardi du mois de novembre 1819, se sacrifièrent collectivement pour ne pas tomber entre les mains d’esclavagistes maures

Habillées aux couleurs des femmes du royaume de cette partie nord du pays de la « téranga », c’est à travers chants et poésie que l’héroïsme de ces amazones revit sur les berges du Rhône.

Les femmes du collectif ont voulu réaffirmer à travers le choix de cette histoire l’importance du rôle joué par leurs aînées dans la construction du Sénégal et par de-là, l’Afrique d’aujourd’hui. Par ailleurs redorer l’image de ce village qui a tout pour mériter un statut beaucoup plus digne de son rang. Car si, aujourd’hui, la femme sénégalaise a su acquérir une dignité, Nder, avec sa tragédie, en est pour quelque chose. Puisque c’est à Nder que les femmes, à bout de résistance, se sont immolées collectivement plutôt que de tomber entre les mains des esclavagistes maures venus du Trarza.

Les festivités marquant la célébration des vingt ans du collectif Sopé ont été aussi l’occasion de surligner les difficultés nombreuses rencontrées sur le chemin du développement de l’association. Celles-ci n’ont pas tempéré les convictions des pionniers. Malgré les difficultés que Sopé a pu traverser, les actions du collectif ont connu un essor et une popularité sans cesse croissante depuis sa création. Une satisfaction face au travail entièrement réalisé par des bénévoles.

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