Barthélemy DIAS condamné à six mois fermes pour « outrage à magistrat »

L’ex-député socialiste Barthélémy Dias, proche du maire de Dakar Khalifa Sall condamné le 30 mars 2018 à cinq ans de réclusion pour « escroquerie », a écopé d’une peine de six mois ferme pour « outrage à magistrat ».

Le maire de Mermoz Sacré-Cœur et ancien député socialiste, était jugé par le tribunal de flagrant délit de Dakar, qui l’a en outre condamné à payer une amende de 100 000 francs CFA.

Le parquet avait requis, lors du procès le 8 avril, deux ans de prison contre Barthélémy Dias, qui avait plaidé non coupable des accusations notamment d’« outrage à magistrat », de « discrédit sur l’ordre judiciaire et une décision de justice » et d’avoir « provoqué un attroupement non armé ».

Barthélémy Dias avait à la barre déclaré souhaiter ne pas rentrer chez lui par solidarité avec le maire de Dakar, en détention depuis mars 2017. « Si Khalifa Sall couche en prison, alors moi aussi, je suis prêt à faire don de ma liberté », avait-t-il affirmé au juge.

« Bonjour la pensée unique »

« Nous rejetons cette décision de justice. Nous pensons qu’elle doit être infirmée. On va faire appel » a déclaré à la presse Me El Hadji Diouf, avocat de M. Dias, après le jugement. « Nous vivons les heures les plus sombres de notre démocratie. Aucun homme politique ne peut plus critiquer le fonctionnement normal de la justice. Bonjour la pensée unique », a-t-il ajouté.

Partisan fervent de Khalifa Sall, Barthélémy Dias s’en était vivement pris aux juges après la condamnation du maire de Dakar à cinq ans de prison et plus 5 000 000 FCFA d’amende pour « escroquerie sur les deniers publics et faux en écriture ».

Barthélémy Dias et Khalifa Sall sont des dissidents du Parti socialiste (PS), membre de la coalition présidentielle. Ils font partie des responsables du parti socialiste exclus en décembre 2017 pour « violences, indiscipline et activités politiques concurrentes ». Les déboires judiciaires de Khalifa Sall, 62 ans, sont imputable à son statut d’opposant à Macky Sall qui l’a traduit en justice pour l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2019.

Source : AFP, 17 avril 2018

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