Décès de Cheikh NIANG : Un rassembleur

Cheikh NIANG est rappelé à DIEU le 14 février 2007 à Lyon. Tous les africains de Lyon, tout Touba et au-delà tout le Baol pleure aujourd’hui cet artiste d’une certaine façon, de dimension exceptionnelle arraché à notre affection à l’âge de 58 ans. Ce natif de Dakar était un homme reconnu d’une grande sincérité, cultivé et d’une tolérance et d’une grande ouverture d’esprit sur le l’Islam, sur le mouridisme mais aussi sur le monde occidental. Il oeuvrait chaque jour pour que l’étendard de l’Islam et du mouridisme soit davantage plus haut, mais aussi il a contribué au renforcement des liens entre les disciples de toutes les confréries, les mourides, les tidjanes, les layènes, les niassènes, les familles cherifiennes… mais aussi entre l’Afrique et l’occident, entre l’Islam et l’Occident. Cheikh NIANG est arrivé à Lyon dans les années 1970 comme étudiant inscrit au cours probatoire pour préparer un DESS de comptabilité. Très doué, intelligent et brillant orateur, il a été très rapidement un des leaders de l’Association des Etudiants Sénégalais en France (AESF) et de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) pendant les grandes heures du mouvement syndical étudiant noir.

Cheikh NIANG a aussi été pionnier dans l’organisation de « magal » en Europe. Le dernier qu’il a personnellement organisé à Lyon s’est déroulé au Palais des congrès en 1995. C’était un succès retentissant avec beaucoup de délégations venues de Belgique, d’Allemagne, d’Italie, de Hollande,… et une délégation venue spécialement du Sénégal. Il y avait la présence de conférenciers de renommée internationale tel que Serigne Sambe MBAYE et des artistes tel que Fallou NDIAYE… Il y a un an, en hommage à Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma , il a organisé avec la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), le 100ème anniversaire de la naissance du chef religieux à la foire internationale de Dakar où il a reçu beaucoup de témoignage de son patriotisme.

Cheikh NIANG était aussi un homme de cœur, connu de tous les « modou modou » pour sa serviabilité, sa capacité d’écoute, sa disponibilité. Il envoyait régulièrement à Touba des médicaments qu’il collectait avec sa femme Cathy. A l’intérieur de Touba, il a aidé à la construction et au financement de beaucoup de salles de classes. « Il n’était pas du tout aisé d’être pressé et de traverser la ville accompagné de Cheikh. Il s’arrêtait ou se faisait arrêter à tous les bouts de rue pour échanger deux trois mots. C’était un rassembleur. » témoignait un de ses neveux. Il participait activement et personnellement dans les villages et les « daara » aux alentours de Touba à la distribution gratuite de riz, de sucre, de thé, de bougies…

Le départ de Cheikh est une perte immense. Nous présentons nos condoléances à toute la famille, à ses femmes Cathy et Fatou MBAYE, à sa belle mère Francine, à ses enfants Marie, Ndèye, Mame Bintou, Cheikh Mbacké, Serigne Modou, et à la dernière Cathy née le jour du voyage sans retour de son digne père.

Que la terre de Touba lui soit légère et que Dieu console ceux qu’il a laissé derrière lui.

Abdou SONKO
Président de SOPE

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