Famille et intégration dans un contexte socio-économique complexe

En date du 10 mars 2017, l’association « Priorité Enfance » a organisée à Lyon un débat sur le thème « Famille et intégration dans un contexte socio-économique complexe ». La conférence, avec comme modérateur Samba GUEYE, a eu lieu en marge de la journée internationale de la Femme autour de sujets, pour lesquels un résumé vous est proposé. En avant-première des débats, une présentation d’une nouvelle association, TERRAL JIGGEN, a été faite Par Caroline CONTEYE et Awa NDAO. Elle intervient dans le domaine de la défense des droits des femmes et de leur insertion socio-professionnelle.

« Étrangers en France : Emploi et Insertion professionnelle »
par Papa Lamine DIEDHIOU

Depuis quelques années, nous assistons à la mise en place de plusieurs programmes, initiatives et politiques visant l’insertion des étrangers en France, l’accès au logement, l’apprentissage linguistique, la formation professionnelle, l’accompagnement vers l’insertion…

Malgré ces initiatives, que l’on peut considérer comme une avancée dans ce domaine très spécifique, le défi reste énorme. Pour preuve les flux migratoires ne cessent d’augmenter surtout si on se fonde sur les dernières études de  l’Institut Nationale d’Etude Démographique (INED). En effet selon l’INED en 2014, la France, avec une population de 65,8 millions d’habitants (hors Mayotte), comptait  5,9 millions d’immigrés. Nous préciserons juste au passage, la définition de ce terme par les démographes selon laquelle il s’agira de « toute personne née étrangère à l’étranger. Sont donc exclus de la catégorie des immigrés les personnes nées à l’étranger de parents français, comme les enfants d’expatriés ».

Les étrangers pour la plupart arrivent en France dans un environnement inconnu avec des fonctionnements différents. Culture différente, administration différente, pratiques différentes etc… Le défi pour ces arrivants, est de trouver le moyen d’accéder à l’information. Ce faisant si certains migrants arrivent à trouver des centres d’accueil qui les encadrent dès leur arrivée en France, cette situation n’est pas chose courante pour tous. Les pouvoirs publics disposent de plusieurs dispositifs, mais leur accès n’est pas toujours simple, surtout pour une personne qui ne comprend pas la langue de Molière.

C’est dans ce contexte que le débat s’introduit autour du thème : « Etranger en France : Emploi et insertion professionnel ».

L’idée ici étant d’ouvrir la réflexion sur les causes ou certaines causes des difficultés d’insertion professionnelle que rencontrent les immigrés des pays hors UE et notamment ceux  du Maghreb ou  d’Afrique subsaharienne.

Il est à préciser que sur la question de l’emploi, les immigrés de l’Union Européenne (UE) s’en sortent mieux sur le marché que les immigrés des pays du Maghreb ou  d’Afrique subsaharienne. Les causes de leur situation de chômage sont en partie liées à des paramètres tels la langue et le manque d’accès à l’information. Car, pour travailler en France, tout ressortissant étranger, hors UE, doit disposer d’une autorisation de travail (AT). Et pour obtenir un titre de séjour au motif professionnel, les procédures de demande d’AT varient selon le pays d’origine du candidat, son niveau d’étude et son expérience, le secteur et métier concernés.

Au-delà d’une présentation des conditions de délivrance d’une AT, de ses freins et des procédures facilités, cette rencontre, organisée par l’association « Priorité Enfance », construite autour du thème « Famille et intégration dans un contexte socio-économique complexe », a permis, avec les participants, une analyse plus large de la question de l’intégration voire de l’insertion des immigrés.

C’est un travail permanent que les acteurs ont décidé de mener pour aider les immigrés à accéder à l’information. Il a été rappelé lors de cette rencontre la place importante de la société civile.

« Contraintes liées au statut d’étudiant »
Par Thierno FALL et Aboubakry

Le calvaire des étudiants sénégalais en France : bourses, logements, obstacles divers pour trouver des jobs…

Nombre d’étudiant poursuivent leurs études en France et sont soumis à des problèmes de logement et d’insertion sociale.

Ils ont leur scolarité à payer, le loyer, sans parler des problèmes de la vie quotidienne, et beaucoup peinent à trouver du travail, même dans le cadre du quota autorisé, qui auraient pu nous permettre de mieux gérer la situation. Les parents se font un sang d’ancre quant à leur situation et leurs conditions de vie ici. Et c’est sur eux que tout ce fardeau pèse.

Ils sont des milliers d’étudiants sénégalais dans ce calvaire, une situation qui perturbe leur sommeil. Prêts à être des leaders de demain, ces étudiants lancent un cri de cœur à leurs aînés, aux familles compatriotes établies sur le territoire, aux administrations comme le SGEE (Service de Gestion des Etudiants Sénégalais à L’Etranger) et aux autorités consulaires pour faire jouer l’esprit de solidarité et de soutien réciproque.

L’espoir est permis puisque, eux-même sont porteurs de propositions et que les aînés sont souvent à l’écoute puisque savent de quoi il retourne de cette situation.

« L’impact des cultures sur le défi d’intégration ».
Par Pape Mangoné TALL

De nos jours, l’intégration des Africains en France est devenue un défi permanent. En effet aux barrières culturelles des immigrés sont opposées un rejet de la différence par une société française forte de ses valeurs fondamentales de liberté, d’égalité, de fraternité et surtout de laïcité. Dès lors, la cohabitation n’est pas envisageable sous l’angle de la multiculturalité.

L’immigré est invité sous un contrat moral et social à adopter un mode de vie respectueux des principes de la république, de ses lois et la volonté de participer à son rayonnement. Toutefois, l’intégration n’est pas toujours évidente parce que d’une part, des habitudes acquises pendant un long processus de socialisation ne se changent pas sous coup l’injonction, et d’autres part, les discriminations subies pour trouver un emploi, un logement, à l’école pour les enfants d’immigrés, les contrôles de faciès par la police et autres traitements posent inversement la question de l’intégration : les immigrés, même faisant l’effort de s’intégrer, sont ils intégrés par la société française ?

Une autre manière donc de voir le problème de l’intégration qui de nos jours apparaît comme un concept politisé à l’affût de faits divers ; tantôt pour dénoncer une communauté et le communautarisme, tantôt pour dénoncer des discriminations en fonction de l’idéologie des uns et des autres. Aussi le défi d’intégration est d’autant plus permanent que les enfants d’immigrés, même nés en France, ayant fréquenté l’école de la République et ayant eu les mêmes loisirs que leurs amis et camarades « non d’origine immigrés » ne sont toujours pas considérés intégrés comme en témoignent le taux d’échec scolaire, le taux de chômage, la difficulté à trouver un stage ou un emploi etc… Or, comme a si bien conclu le Doyen Samba Gueye « la réussite de nos enfants n’est-elle pas la mesure de la réussite de notre intégration.»

« Quel lien entre migrations internationales et développement ? »
Par Abdou SONKO

Nombreux sont les individus qui émigrent dans l’espoir de trouver ailleurs de meilleures conditions de vie et de travail pour eux-mêmes et leur famille. Ce fait souligne le rôle important du marché du travail dans l’expérience des migrations. Celui-ci est important dans la contribution des travailleurs migrants au développement économique du pays de destination.  L’influence exercée par les migrations sur le développement dans le pays d’origine est également important.

Le développement dans les pays su Sud et la lutte contre la pauvreté sont-il des freins aux migrations ?  Aux politiques d’être vigilants et d’assumer une réalité qui échappe à la force des logiques économiques, à l’efficacité des contrôles frontaliers. Les pays du Nord attirent par qu’ils ont besoin de main-d’œuvre, leur population vieillit et leur population active diminue.

La lutte contre le sous-développement et la régulation des migrations internationales sont deux défis distincts. Ils relevant de politiques spécifiques, au Nord et au Sud, plutôt que comme deux problématiques intimement liés.

Un grand satisfecit à Hady Moulkairi BOUSSO et à toute l’équipe de l’association Priorité Enfance pour cette belle initiative.

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