Lettre ouverte à M. Abdoulaye WADE

Par Le Collectif Gaal-Gui

Monsieur le Président,

Permettez-nous, dans une lassitude et un désespoir profonds, mais surtout les yeux dans les yeux, de devoir tout droit, vous adresser ces mots. Les maux dont nous souffrons sont énormes. Le peuple sénégalais est il maudit ? Mérite-t-il ce mirage? Pour le père et repère que vous avez été un jour, vous devriez en ce moment avoir la hauteur d’esprit de vous dire que votre étoile, si heureuse en 2000, est ternie par les plus ignobles et plus honteux délits, des taches indélébiles, conséquences de votre gouvernance calamiteuse et clientéliste de l’Etat du Sénégal.

Vous avez été brillant en 2000 et peut être avant, mais rassurez-vous, aujourd’hui, nous pouvons vous notifier plus de 2000 délits que vous avez commis à l’encontre du peuple sénégalais. En 2000, vous aviez conquis les cœurs. Vous apparaissiez rayonnant dans cette fête patriotique que le Sénégal entier a saluée, de même que toute l’Afrique. Une victoire qui a couronné deux décennies de travail, d’abnégation, de persévérance, de patience et de liberté. Mais quel gâchis sur cette opportunité que nous vous avions offerte, quelle honte pour le Sénégal, quelle honte tout simplement sur vos deux mandats.

Monsieur le président, le Sénégal est absent de la marche de plus en plus accélérée du monde, notre situation économique en ce début de siècle, est catastrophique, notre société est encore traumatisée par vos multiples gouvernements et par la faillite politique de ces derniers.Comment passer sous silence cette abominable gestion des affaires du pays, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice.Pour preuve, la gestion extraordinairement hasardeuse et scandaleuse de cette ANOCI et de ses dirigeants.Ils nous rendront des comptes, nous agirons en ce sens, soyez-en sûrs.Le Sénégal marche la tête basse, titubant de honte « à l’apogée de l’alternance » car vous et vos différents gouvernails avez dirigé ce pays avec incompétence, cupidité, couardise et insouciance : vous choisirez la forme qui vous convient, vu que vous êtes, au fond, le père de ces problèmes, le chef de cet Etat-parti…

Vous avez bradé la quasi-totalité de nos ressources, particulièrement notre domaine foncier, dans des circonstances douteuses, circonstances sur lesquelles vous apporterez des éclaircissements, et ceci point par point, soyez-en sûrs…Vous avez affamé le peuple sénégalais et vous avez menti à l’Afrique entière avec vos nombreux plans inachevés.Vous avez broyé quotidiennement et sans relâche la dignité du peuple sénégalais à travers vos multiples triturations de la constitution et surtout en vous octroyant ces 35% de ce monument de la honte dont nous,le peuple, n’avons jamais fait une priorité.Nous réagirons le moment venu et de manière adéquate à cette souillure,et l’histoire retiendra que c’est sous votre houlette, qu’elle est arrivée.L’histoire retiendra également que c’est par vos tergiversations et vos actions que des crimes sociaux ont pu être commis.Ces crimes que sont la négligeance de nos compatriotes victimes des inondations ou encore le silence assourdissant que vous voulez imposer aux familles des victimes du Joola…

Le Sénégal va mal, très mal, il est appauvri par trois décennies de mauvaise gouvernance, la votre ayant atteint des sommets en matière de gabégie et d’impunité.Pourquoi les responsables connus et reconnus des saccages des locaux des journalistes sont-ils encore en liberté ? Nous sommes révoltés contre les corruptions, les manigances, les ruses, les manipulations des prédateurs, surtout contre la politique sournoise et impitoyable menée sur le territoire sénégalais. Honte devant les sinistres spectacles que vous offrez à la face du monde, en complicité avec vos gouvernements. Monsieur le président, déclinant, vous avez déçu avec votre gestion des délestages électriques, votre incapacité chronique à résoudre ce problème que vous vous étiez engagé à nous faire oublier.Nous n’avons pas la mémoire courte contrairement à vous, M. le Président…

Puisque vous avez osé, nous aussi, nous oserons. Nous la clamerons cette vérité, car nous avons décidé, juré, de la dire, et tant que nous serons là, de la combattre par des actes. Si la justice sénégalaise, régulièrement saisie, ne fait pas pleinement et entièrement son travail,par peur de vos châtiments, nous, nous ne céderons pas : Gaal-Gui ne cédera pas.Notre devoir est de parler et d’agir, nous ne voulons plus, nous ne pouvons plus être complices : complices de votre projet monarchique que nous avons rejeté en bloc ce 22 Mars 2009, complices de ce train de vie honteux de l’Etat et de vos trop nombreux collaborateurs, et enfin complices des ces « accords » de pêches scandaleux que vous avez défendus corps et âme alors qu’ils hypothèquent une bonne partie du futur de notre économie maritime. Nous dénonçons également la mise à l’écart assumée de cette diaspora qui ne demande qu’à aider son pays et qui ne peut même pas s’adresser à vous lors de vos visites « encadrées» en dehors du Sénégal.

Non M.le Président, nous ne pouvons plus être complices, Gaal-Gui ne sera pas complice de vos agissements et se dressera désormais contre toute agression politique, économique et morale contre ce pays, notre pays.Nous sommes en colère et nos nuits sont hantées par le spectre de tous ces jeunes, nos frères et sœurs sans emploi, sans avenir, et dont l’oisiveté entraine des drames devenus monnaie courante dans notre pays : drogue, agression, vol, fainéantise et suivisme aveugle envers certains soit-disant « dignitaires religieux ». Des jeunes qui,également, meurent (et cela est dramatique Monsieur) faute de perspectives, dans ces pirogues pour fuir la misère qui sévit au Sénégal.Que dire de ces familles qui ne mangent plus à leur faim à cause des prix et des taxes sans cesse en hausse.Taxes dont le seul rôle est de combler les trous béants causés dans nos caisses publiques par vous et votre entourage.Nous n’oublions pas non plus ces honnêtes gens, parfois journalistes, qui expient en prison, dans la plus affreuse des tortures, pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.

Et c’est à vous, Monsieur le Président, que nous l’adressons, cette vérité, de toute l’énergie de notre révolte de patriotes. Pour notre honneur, nous sommes sûrs que nous devons dénoncer votre cruauté et votre sadisme. Nous aurions aimé dire Wadisme, mais contrairement à ce que peut vous faire croire votre entourage et d’après ce que nous avons pu voir de votre gestion calamiteuse du pays, vous n’avez point l’étoffe d’un homme d’Etat et encore moins celle de quelqu’un dont la pensée mérite d’être théorisée.Gaal-Gui s’adresse donc à vous, le supposé premier magistrat du pays mais aussi à la troupe malfaisante des coupables de corruption, de détournements, et de médiocrité.En portant ces violentes diatribes, nous n’ignorons pas que nous nous soumettons à l’arbitraire des articles que vous avez inventés, qui punissent le « délit » de dire la vérité. Et c’est volontairement que nous nous exposons, sans crainte et sans ambages : nous assumerons…

Rassurez-vous, Monsieur le Président nous n’avons contre vous, ni rancune, ni haine. Vous êtes pour nous qu’une entité, que nous aurions souhaitée respectable mais que vous avez ternie avec un esprit de malfaisance économique et sociale envers l’Etat du Sénégal. Et l’acte que nous manifestons dans ce bout de papier n’est qu’un volet de nos moyens d’expression pour un Sénégal remis sur pieds et debout contre la médiocrité de votre gestion. Et s’il en était besoin, nous ne nous en arrêterions pas là. Soyez en sûr M. le Président…

Nous avons une seule intention, celle du respect et de la dignité, au nom du Sénégal qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ce mot que vous et nos nombreux compatriotes lisez à l’heure actuelle n’est que le contrecoup de notre âme piétinée. Enfin Monsieur, nous tenons à vous rappeler s’il en était encore besoin que votre peuple est en colère, n’en peut plus et ne se laissera plus faire.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre profond respect républicain.

Le Collectif Gaal-Gui
Le Collectif Gaal-Gui s’est constitué afin de résister face au totalitarisme ouvertement assumer du pouvoir en place

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