Sénégal : plusieurs opposants arrêtés lors d’un rassemblement

APA-Dakar (Sénégal)-

Des opposants sénégalais, qui voulaient tenir vendredi matin, un sit-in devant le ministère de l’Intérieur au centre-ville de Dakar, ont été arrêtés par la police, a constaté APA.

Selon le député Toussaint Manga, par ailleurs secrétaire général de l’Union des jeunesses travaillistes libérales (Ujtl, une structure du Parti démocratique sénégalais), le Sg de son parti, Oumar Sarr, figure parmi les opposants arrêtés alors qu’ils voulaient manifester pour exiger le départ du ministre de l’intérieur qui, lors d’une émission télévisée a promis de tout faire pour réélire Macky Sall en 2019..

Le député Mamadou Diop Decroix, secrétaire d’And-Jef/ Pads (parti africain pour la démocratie et le socialisme) a également été arrêté.

Face à une décision préfectorale interdisant le sit-in de ce vendredi pour risques de «trouble à l’ordre public», l’opposition était déterminée à l’organiser, même si les membres n’ont pas respecté l’heure convenue (10h).

Tôt le matin, des barricades ont été érigées sur les axes menant au ministère de l’Intérieur, avec une forte présence des limiers, tant en tenue qu’en civil.

S’adressant avec décence aux passants, un limier leur notifie que l’axe est interdit de circulation «et pour les automobilistes et pour les piétons».

Devant le ministère de l’Intérieur, certains journalistes qui commençaient à s’impatienter, s’exclamaient: «Ils (les opposants) n’ont qu’à venir et qu’on en finisse une bonne fois pour toute !».

Plus loin, les leaders de l’opposition commencent à s’afficher, notamment Oumar Sarr du Pds et Mamadou Diop  »Decroix » d’And Jëf. Avec leurs militants, ils scandent : «Liberté ! Liberté !».

«On veut une élection honnête et sincère, et le gouvernement qui dit non : vous ne le direz pas ici ! Est-ce que cela vous parait vraiment rationnel ? Il y a de quoi être inquiet pour ce pays», a déclaré Decroix devant la presse, avant de se diriger avec ses camarades vers le lieu «interdit».

Les policiers décochent des grenades lacrymogènes, et c’est la course poursuite entre politiciens, journalistes et passants.

«C’est une injustice totale ! Parce qu’il empêche à énormément de jeunes néo-votants d’accéder à ces lieux pour s’inscrire», s’indigne Mbacké Seck, responsable départemental de Rewmi (opposition), parti d’Idrissa Seck, avant de souligner : «Nous sommes presque dans une dictature. Mais nous resterons debout pour défendre la démocratie».

En février dernier, des experts électoraux internationaux commis par le régime ont conclu dans leurs travaux d’audit du fichier électoral sénégalais une «fiabilité (dudit fichier) à hauteur de 98%» pour l’organisation de la prochaine présidentielle, prévue le 24 février 2019.

ODL/te/APA

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